Les permis suisses pour ressortissants UE/AELE se distinguent principalement par la durée du séjour et du contrat, et par le lieu de résidence. Confondre les statuts peut faire perdre du temps dans une démarche déjà exigeante administrativement.

Permis G — le statut frontalier

Réservé aux personnes qui résident dans un pays voisin (France notamment) et travaillent en Suisse tout en conservant leur domicile principal à l'étranger. Ce permis est directement lié à l'emploi : il cesse en principe si l'activité professionnelle prend fin. Le titulaire retourne généralement à son domicile au moins une fois par semaine, une condition à intégrer dans son organisation de vie.

Permis B — le séjour de longue durée

Délivré pour une installation en Suisse avec un contrat de travail d'une durée d'au moins un an, ou à durée indéterminée. Le titulaire réside effectivement en Suisse. Ce permis est renouvelable et constitue la voie standard pour une installation durable de ressortissants UE/AELE venant travailler en Suisse.

Ce que le permis B implique concrètement

Résidence fiscale généralement transférée en Suisse, ce qui change entièrement le mode d'imposition par rapport au statut frontalier. Accès facilité au logement suisse, mais budget de vie entièrement au coût suisse, sans possibilité de compenser via une résidence française moins coûteuse.

Permis L — le séjour de courte durée

Destiné aux contrats de travail de courte durée (généralement inférieurs à un an). Souvent utilisé pour des missions temporaires, des contrats saisonniers, ou des débuts de collaboration avant une éventuelle transition vers un permis B si le contrat se prolonge.

Le bon permis n'est pas un choix : il découle directement de la nature du contrat de travail et du lieu de résidence choisi. La question à se poser n'est pas "quel permis je préfère", mais "quelle situation je vise réellement".

Qui délivre le permis, et quand

Dans les trois cas, la demande de permis suit la signature d'un contrat de travail — elle n'est pas déposée avant. C'est généralement l'employeur qui initie ou accompagne la démarche auprès de l'office cantonal compétent (population et migrations). Le délai de traitement varie selon le canton et la période, et doit être anticipé avant une date de début de contrat rapprochée.

Ressortissants hors UE/AELE

Les règles diffèrent sensiblement pour les ressortissants de pays hors UE/AELE, avec des contingents et des conditions plus restrictives. Ce cas de figure sort du cadre de cet article, centré sur la situation des candidats français et européens.